L’allaitement maternel à domicile, ses difficultés et le rôle du pédiatre

Alimentation, fonction physiologique et comportement déterminé en partie par l’âge

Nous allons, donc, nous intéresser aux mères qui ont l’espoir de donner le sein le plus longtemps possible et nous concentrer sur les problèmes, vrais ou faux, que pose l’allaitement maternel pendant les trois premiers mois. Et cela pour deux raisons essentielles: la première est que cette période constitue une entité particulière, qu’elle a déjà fait couler beaucoup de larmes et beaucoup d’encre, et que celle-ci dépassée, de problèmes il n’en existe guère plus; la seconde provient du fait que la durée d’un allaitement maternel exclusif dépasse rarement ce délai. En effet, dans notre pays où très souvent les parents exercent tous deux une activité professionnelle, la durée de l’allaitement est limitée, dans la majorité des cas, par la durée du congé de maternité qui dépasse rarement trois mois.
Nous serons amenés, cependant, à envisager souvent et simultanément l’allaitement artificiel, ce qui permettra de mieux mettre en évidence les caractères propres à l’allaitement maternel et ceux relatifs au comportement alimentaire lié à l’âge.

Au cours des premières semaines , la préoccupation essentielle de la jeune maman allaitante peut se résumer aux questions suivantes: « Ai‑je assez de lait? » et « Mon lait est-il toujours bon? »
Trop souvent lors des consultations pour nourrissons, les difficultés éprouvées par la jeune maman face aux exigences du nouveau-né sont interprétées comme l’expression d’une lassitude plus ou moins avouée ou comme une preuve de l’insuffisance qualitative ou quantitative de son lait.
Quand une mère à bout de forces vient vous dire: « Docteur, ça ne peut plus continuer, il ne dort jamais et veut boire tout le temps… », il est indispensable pour le pédiatre – avant toute interprétation ou conseil – de se faire une idée précise de l’objectivité des plaintes et de leur signification. Il doit faire décrire de façon complète une journée-type de l’enfant, tant sur le plan de l’alimentation que sur celui du sommeil et de son développement psychomoteur. Faute d’une telle démarche , les réponses apportées aux interrogations de la mère risquent d’être inappropriées.
Dans notre exposé, nous négligerons volontairement ce qui relève de la pathologie médicale proprement dite pour aborder ce qui, à notre sens, ne sont que des comportements normaux en rapport avec l’âge. Ceux‑ci sont trop fréquemment médicalisés du fait de l’inquiétude et de l’insistance des parents: diagnostics abusifs d’intolérance au lait de vache ou de quelque insuffisance au niveau du lait maternel.
Notons‑le, sommeil et alimentation sont non seulement deux fonctions physiologiques intimement liées mais encore des comportements qui ont chacun une évolution prévisible et parallèle à celle du développement psychomoteur lui-même très varié. L’évolution de ces comportements est jalonnée par des étapes dont les caractéristiques sont spécifiques à chaque âge et dépendent de facteurs génétiques, psychosociaux et médicaux.

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