L’allaitement maternel à domicile, ses difficultés et le rôle du pédiatre

« Envol hors du nid-maternité »

L’allaitement à la maternité n’entrant pas dans notre propos, j’en arrive tout de suite au retour à domicile.
En fin de séjour, des questions telles que « Peut-on donner un biberon, le soir? », » Mon mari se sent tenu à l’écart », « Que donner au bébé, si je dois m’absenter? » sont parfois révélatrices d’un certain désenchantement face à l’allaitement et ne doivent pas être négligés lors des conseils à la sortie.
Le jour du départ , il est classique d’avertir la mère de la probabilité d’une baisse de régime dans la production de son lait et de la nécessité transitoire d’y suppléer par l’un ou l’autre biberon. Si, pendant le séjour hospitalier, on s’est préoccupé d’entourer cette mère plutôt que de la diriger, la transition vers le monde extérieur suscitera chez elle moins d’appréhension et l’hypogalactie en résultant sera souvent peu marquée. Il est impératif que la maman, au moment de prendre son envol hors du nid-maternité, ait confiance en les possibilités de bébé à exprimer ses besoins et en sa capacité de pouvoir y répondre.
Par ailleurs, l’intention d’entreprendre une alimentation mixte ou d’y passer rapidement doit être déconseillée. L’argument « C’est toujours ça de pris » en faveur d’un allaitement maternel même partiel ne se justifie guère car les avantages biologiques pour le bébé sont dérisoires, le tarissement de la source à brève échéance, inévitable, et la fatigue supplémentaire infligée, parfaitement inutile. Mieux vaut choisir de passer sans transition au biberon que de s’y résoudre contraint et forcé par les événements.
Toutefois, en ce qui concerne les mères qui pour des raisons diverses, doivent envisager un sevrage avant 3 mois, il faut les inciter à donner quotidiennement, en plus du sein, un ou plusieurs biberons d’eau. La difficulté du sevrage en cas d’allaitement bien en train réside presque exclusivement dans le refus du bébé d’accepter la tétine en caoutchouc. A chaque essai de biberon, il détourne la tête et pousse des cris déchirants. Il arrive même qu’il préfère souffrir de ne rien manger pendant près de 24 heures, plutôt que de se résoudre à prendre un biberon.
Si certaines mères ressentent déjà de manière plus que pénible le fait de devoir interrompre leur allaitement, il est d’autant plus triste, pour elles, d’y être obligées dans une vallée de larmes.

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