L’allaitement maternel à domicile, ses difficultés et le rôle du pédiatre

Hoquet, régurgitations et crampes

Ils ne signifient pas nécessairement biberon ou sein mal donné, ou bébé trop goulu, même s’ils surviennent, en général, après le repas.

Un bébé hoqueteur l’était souvent, déjà, en fin de grossesse: la majorité des mamans se souviennent de petits battements en mesure, dont elles ignoraient l’origine.
Le premier mois, le hoquet se produit fréquemment et le plus souvent dans la soirée, soit à la suite d’un renvoi, soit au moment du change quand bébé est déposé sur le dos. Il n’entraîne pas de sensation douloureuse, tout au plus un peu d’ahurissement perceptible dans ses yeux agrandis. Contrairement aux craintes habituelles, il provoque rarement des régurgitations.
Pour le « couper », il suffit de redonner à boire si bébé le veut bien: s’il refuse, on peut, sans crainte, le recoucher sur le ventre.
Dès la fin du premier mois, le hoquet diminue rapidement en fréquence (une fois à moins d’une fois par jour); quand il persiste au-delà du 2e mois, il peut être déclenché par les essais de gazouillis, ou plus tard, par les éclats de rire.

Les régurgitations sont aussi banales que les renvois qu’elles accompagnent régulièrement. Les premiers jours de la vie, elles paraissent, aux jeunes mamans, toujours plus importantes qu’elles ne le sont en réalité. Lorsque 20 grammes sont rejetés, elles ont l’impression d’un repas vomi tout entier. Par définition, les régurgitations ne gênent pas bébé. Habituellement, elles tendent à diminuer au cours des premières semaines. Quelquefois, elles augmentent ou n’apparaissent qu’entre le 2e et le 3e mois pour atteindre un maximum à 4 mois. Elles peuvent diminuer avec l’introduction des repas solides et ne finalement disparaître que vers le 9e mois, quand l’enfant commence à se tenir debout. Dans certains cas, il faudra attendre le 15e mois.
Aux alentours du 3e mois, l’enfant, au sein comme au biberon, régurgite assez souvent au moment d’être relevé pour le repas suivant.
Parfois, les régurgitations sont telles que bébé finit par ressembler à un vase trop rempli qui déborde au moindre mouvement. Ne pas intempestivement incriminer la qualité du lait.
Leur fréquence est souvent en rapport direct avec l’activité motrice du bébé: on en veut pour preuve leur diminution après le dernier repas du soir, les repas de la nuit et ceux du matin qui correspondent, en général, à des moments d’accalmie motrice relative.
Bien qu’il soit courant, dans notre pays, de conseiller la position couchée sur le ventre afin d’éviter le risque d’étouffement à l’occasion des régurgitations, il apparaît que le nourrisson couché sur le dos régurgite moins. Dans bien des contrées du monde, les enfants sont systématiquement mis sur le dos; cette coutume ne semble pas avoir d’incidence négative sur la morbidité du nourrisson.
La position semi-assise dans un relax, quand bébé a mangé, est quelquefois efficace dès la première semaine de vie.
Au-delà de 5 mois, la chaise haute après le repas est une bonne mesure antireflux.
Un changement de tétine, afin de réduire le débit de lait, améliore parfois la situation.
Cette dernière solution de même que l’adjonction d’un épaississant sans calorie ne sont, évidemment, pas envisageables en cas d’allaitement maternel!
Si, maintenant, les régurgitations se transforment en réels vomissements plus ou moins proches des repas (avec stagnation ou perte pondérale) et cela, chez un bébé « de plus en plus inconfortable » (pleurs, cris, contorsions), un problème médical sous‑jacent est à envisager.

Des crampes surviennent parfois au cours du repas, juste après, ou même une heure plus tard. Elles sont, probablement, souvent liées à la manière de boire de bébé comme le suggèrent les renvois et les gaz particulièrement nombreux alors associés . Les enfants au sein n’en sont pas préservés.
Encore une fois, en cas d’alimentation artificielle, ne pas vouloir modifier trop vite la qualité du lait et sa consistance mais penser à changer éventuellement de tétine; et, en cas d’alimentation au sein, ne pas incriminer trop vite le régime de la mère et se rappeler les propriétés laxatives du lait maternel.
Souvent, bébé avale trop d’air; le fait de le tenir très droit semble, dans certains cas, empêcher partiellement cette aérophagie.
Les crampes associées à un problème médical (allergie au lait de vache, sténose du pylore,…) s’accompagnent d’autres symptômes suggestifs.
Il est hors de doute que l’apparition intempestive de crampes et de régurgitations témoigne, plus d’une fois, de perturbations psycho‑affectives chez la mère. Bébé perçoit la moindre tension dans son environnement: toute angoisse, qu’elle soit maîtrisée ou refoulée, l’inquiète. Les troubles digestifs sont une manière d’y réagir: « La vérité sort de la bouche des enfants ».
Le problème des « crampes ou coliques du soir » sera traité plus complètement dans le paragraphe se rapportant aux « pleurs inexpliqués du soir ».

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s